ANCOLIES - Aquilegia alpina & atrata
   
                                                        Deux soeurs, une clarté, une nuit

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Ancolie des Alpes (Aquilegia alpina) - Le grand papillon bleu,      protégée, si rare Ancolie noire (Aquilegia atrata) - La discrète veloutée,
au parfum de miel sombre.

 

Ancolies, la fleur de la tristesse car ses fleurs penchent toujours la tête, comme si elle écoutait la terre.

Au Moyen-Âge, on disait que celui qui portait une ancolie pouvait parler aux fées. Je veux bien le croire.

Quand je suis agenouillé dans l'herbe à leur hauteur, que je photographie leur coeur d'or,
j'ai l'impression d'entrer dans une cathédrale miniature.

Ne les cueillez pas. L'alpine est protégée, interdiction totale. La noire est si fragile que la moindre caresse casse sa tige creuse. Elles sont comme nos souvenirs les plus précieux : elles ne vivent que si on les laisse là où elles sont nées.

Cherchez-les en juin-juillet. L'une vous offrira le ciel, l'autre vous offrira la nuit.
Et si vous avez la chance de les voir le même jour, vous aurez compris le Mercantour :
jamais tout blanc ou tout noir, toujours entre les deux, toujours en équilibre.

Asseyez-vous près d'elles. Elles penchent la tête pour vous parler.Les deux espèces présentées ici ont été photographiées avec objectif macro 105mm, sans dérangement, dans le respect total de leur biotope.

Il y a des fleurs que l'on cherche, et des fleurs qui vous trouvent.
Les ancolies font partie de la seconde famille. On ne les voit jamais de loin. Il faut s'arrêter.
J'ai rencontré la première un jour de fin juin, vers l'Authion dans une clairière,
une tache de bleu pur qui ne pouvait pas être une gentiane. C'était elle.
L'Ancolie des Alpes. Aquilegia alpina.Elle est immense pour une ancolie, presque insolente.
Ses cinq pétales s'ouvrent comme une jupe de danseuse, et derrière, cinq éperons recourbés comme des cornets à la crème
où les bourdons viennent boire.
Son bleu n'est pas celui de l'aconit, il est plus doux, laiteux, comme délavé par l'altitude.

Elle ne reste ouverte que quelques jours. Et puis il y a l'autre. Sa soeur de l'ombre.L'Ancolie noire, Aquilegia atrata.
Il faut descendre un peu, revenir à la lisière, entre 800 et 1800m, dans les hêtraies claires de la Vésubie.
Elle n'aime pas le grand soleil. Elle préfère la mi-ombre, l'humus frais.
Sa couleur est un mystère.
De loin on la croit noire. En s'approchant, on voit que c'est un pourpre si profond, un grenat si sombre qu'il en devient noir.
Velours à l'extérieur, or clair à l'intérieur. Elle sent le miel un peu fermenté, un parfum qui ne s'offre qu'au ras du sol.

La botanique nous dit que ce sont deux espèces différentes. La poésie nous dit que c'est la même âme
qui a voulu connaître la lumière et l'ombre.

Les Anciens y voyaient la fleur de Vénus, une amie Nicole (décédée depuis) l'avait surnomée à juste titre la fleur des poètes.